1. -

    Pour être tout à fait honnête, je ne me considère pas comme un véritable autodidacte mais plus comme un apprenant. J’ai un attrait commun avec les autodidactes dans le goût de la progression. Néanmoins, il me manque du pragmatisme et de l’ingéniosité.

    Mon approche n’est certainement pas efficace. Toutefois, je pense avoir une préférence pour les références et ce qui est modifiable, et de là, un glissement vers une voie semblable.

    Mon niveau en anglais est passable (auparavant il était très insuffisant). La plupart des livres informatiques (et la documentation) que je lis fréquemment sont écrits en anglais (ouvrages de référence). Mon niveau en syntaxe est toujours aussi médiocre. Mais à force de pratique (ou d’abnégation), je parviens désormais sans trop de problèmes à reconstituer le sens par abstraction. Pour ainsi dire, je considère parfois mes traductions comme étant de meilleures qualités que la moyenne (celles publiées sur le Web dans le domaine du logiciel libre).

    Je parviens également à lire des RFCs et à m’en servir pour construire (plus ou moins bien, cela dit). Concernant l’approche conservatrice, ce n’était pas un jugement vis-à-vis de toi (je ne te connais pas). C’était plus une allusion pour indiquer que l’on pouvait changer les perspectives.

    1. -

      Tu ne veux pas de cela comme référence. Soit !

      Le problème n’est pas du tout dans l’outil utilisé (c’est l’histoire du couteau ou celle du marteau), c’est dans le fait de se donner les moyens et de donner les moyens à l’autre de comprendre comment utiliser l’outil.

      Pour en revenir à l’outil man, fais en donc fi, si tu le veux ; conseilles donc aux autres de ne pas s’y attarder et d’aller chercher “l’essence” ailleurs… mais cela n’enlèvera rien au fait que c’est la porte d’entrée fournie et une référence sérieuse à plus d’un sujet informatique.

      Tu écris que les 3/4 ne sont pas adapter au débutant ; mais c’est normal !
      La majorité a été écrite, et continue d’être écrite pour informer de l’usage de tel binaire, commande, dans tel contexte : admin-sys, admin réseaux, développement.
      Et oui, certains man comporte de nombreuses références vers d’autres informations encore plus techniques, voire abscons… pour l’utilisateur débutant ; et c’est normal, ces informations ne lui sont pas d’utilité dans l’immédiat, elles ne lui sont pas destinées. et ces références techniques très poussées sont parfois trop ardues pour certains qui sont dans le milieu adéquat.

      Si tu ne le comprends pas, il semble que l’effort pédagogique fait à ton égard ne l’a pas été correctement fait. Si tu n’aide pas à le comprendre, c’est que ton effort pédagogique n’est peut-être pas adéquat.
      Certains font des reproches à tel outil ou tel autre, mais le problème n’est-il pas plutôt dans l’approche de l’outil car certains outils ne correspondent pas à telle approche, et d’autres ne correspondent pas à tel profil cognitif ; donc, dans ces cas, cela décrédibilise-t-il pour autant la valeur de l’outil ?
      (cette question rhétorique n’a pas besoin dans l’immédiat de réponse… car c’est en soit un long sujet d’approche)

      Mais est-ce que le débutant fais l’effort, ou plutôt est-ce que quelqu’un fait l’effort pédagogique pour aider le débutant à appréhender le système, en l’aidant et le dirigeant vers la documentation de départ, qu’il a “sous la main”, à sa disposition, tel qu’intro(1), puis hier(1), puis… par exemple. Et d’en discuter avec, au besoin ?!
      Chaque section a son fichier intro(1 à 9) qui est justement pertinent pour introduire aux spécificités et aborder ces catégories d’informations technique.

      C’est normal qu’un débutant ne sache pas où trouver l’information, ni qu’elle est disponible avec son système dès son installation. C’est normal qu’un débutant pose des questions, a besoin de comprendre telle chose, et non pas telle autre, à laquelle il ne viendra peut-être jamais, car ce n’est pas son intérêt immédiat ou il n’a même pas conscience de son existence.
      L’effort pédagogique est de lui montrer où et de répondre aux questionnements : man est non seulement un point de départ, mais aussi un point d’analyse très pertinent pour qui a des besoins très spécifiques.

      Alors en terme d’approche, j’en connais une excellente : le “Cahier du Débutant Debian”, un gros effort communautaire pour rendre accessible l’approche de l’outil informatique. Même en informant de la qualité pédagogique, peu en tienne compte.

      On aborde la question des RFC, autre point de référence ?!
      où là, c’est non seulement QUE dans la langue de Shakespeare, mais en plus, bien souvent n’est pas abordable pour le débutant ! (oui, il y a eu des initiatives traduites, mais elles sont “moribondes”).
      Et pourtant il n’en reste pas moins QUE c’est la référence pour les sujets abordés et de manière très sérieuse, avec de très sérieux efforts pour la qualité de l’information, la pertinence du sujet abordés, comment le comprendre, etc…

      Le reproche que j’entends volontiers, est la barrière linguistique, autant man, info, les RFC, que d’autres points d’entrée de référentiels, sont écrites avant tout en anglais, parce que cette langue est la langue de référence, communément acceptée, pour aborder ces sujets techniques, tout comme elle est dans d’autres domaines de sciences humaines, voire d’interactions humaines. En dehors, tu peux faire, y’a pas de soucis… mais ton cheminement risque d’être bien plus long.
      Tu veux faire un “bond” dans ta compréhension de l’outil informatique, de la science informatique, le passage obligé est d’appréhender l’anglais ; oui, tu pourras certainement faire autrement, à passer du temps à chercher des références dans ta langue vernaculaire… et quand tu la trouveras SI elle existe, il te faudra t’assurer de SA qualité (celle de l’information transmise, celle de l’auteur, etc…), et là vers quoi tu sauras obligé de te référer ?!
      Tout en sachant très pertinemment que le débutant ne fera pas l’effort de s’assurer de la qualité de l’information transmise ; certains, oui, la majorité ?!

      Il m’est avis que ta compréhension du terme “référence” n’est peut-être pas la bonne ou que tu ne le comprennes pas ainsi… très certainement parce que l’effort pédagogique ou le manque d’effort pédagogique, voire (peut-être) les moyens que tu t’es donné n’étaient pas le plus adéquat.
      Après tout quand on est béotien, autodidacte ou non, on n’a jamais l’approche la plus pertinente ; quand on est autodidacte, on n’a pas l’approche référentielle, on voit les choses sous un certain angle, les comprend sous un autre, et on n’a même pas idée, que le sujet à aborder l’a été… très certainement par quelqu’un de plus compétent, et sous telle forme, qui malheureusement peut ne pas nous correspondre.
      Est-ce que cela enlève la valeur intrinsèque de ce point d’entrée ? J’espère sincèrement que : non.


      Allez zou… j’arrête de discuter le propos et je retourne à ce que tu te permets de dire à mon égard, à “l’approche conservatrice”. Il est clair que tu me connais absolument !
      (comprendre que je ne reviendrais pas sur le sujet) Bye.

      1. -

        Je n’ai pas soutenu que man est un mauvais outil (ni Jean-Michel Léry).

        Plutôt que comme un point de départ, mieux vaut l’utiliser comme un complément d’apprentissage qui permet d’aller encore plus loin.

        Mon problème est que l’on présente man comme une référence incontournable, notamment pour apprendre ou progresser. On peut affirmer que sans connaissances préalables de l’environnement (du système d’exploitation) ce sera inefficace, je valide par expérience.

        Je suis aussi autodidacte en informatique, et l’expérience m’a appris que la commande info est loin d’être disponible sur toutes distributions Linux, *BSD.

        C’est une approche conservatrice, n’évoluant pas. Rien n’empêche de l’installer.

        L’outil n’est qu’un moyen et doit le rester.

        La réflexion pédagogique est au cœur de la structure d’un manuel info.

        Besoin d’informations sur une commande, man te la restituera, segmentée selon la “norme”. man est plus “abrupt”, plus “rêche”, ce n’est pas son domaine, ni son objectif ; il répond au besoin primaire de restituer une information “brute”, sans aucune fioriture, ni outil interne, qui n’en reste pas moins structurée.

        Je ne prétendrais pas le contraire. Mais encore faut-il saisir la signification de l’information. Les « trois quarts » des informations communes ne sont pas adaptées à un utilisateur débutant.

         Le tableau ci-dessous indique le numéro des sections de manuel ainsi que le type de pages qu'elles contiennent.
        
         1   Programmes exécutables ou commandes de l'interpréteur de commandes (shell)
         2  Appels système (fonctions fournies par le noyau)
         3   Appels de bibliothèque (fonctions fournies par les bibliothèques des programmes)
         4   Fichiers spéciaux (situés généralement dans /dev)
         5   Formats des fichiers et conventions. Par exemple  /etc/passwd
         6   Jeux
         7   Miscellaneous (including macro packages and conventions), e.g. man(7), groff(7), man-pages(7)
         8   Commandes de gestion du système (généralement réservées au superutilisateur)
         9   Sous-programmes du noyau [hors standard]
        

        Les sections potentiellement utiles pour un utilisateur autodidacte sont les 1, 5 et 8. Les sections 2 et 3 (la 7 éventuellement) reviennent fréquemment dans les résultats. J’ai rarement vu (ou jamais) les sections 4, 6 et 9.

        Sans compter qu’une page man peut être long comme le bras et contenir de multiples références See Also vers des concepts obscures. Cela a surtout du sens pour un programmeur Unix ou un administrateur système. C’est basé sur mon expérience et je ne pense pas me voiler la face en l’affirmant. Je commence vraiment à apprécier man depuis que je me suis initié à la programmation d’application système (pas le noyau) sous Linux en C.

        1. -

          J’entends ton point de vue.

          Néanmoins ce n’est pas parce que ton sentiment est “que c’est assez malvenu à présenter comme canon de référence”, que cette documentation certes technique n’en reste pas moins une référence. C’est un acquis dans le monde informatique, et pour certaines communautés IT c’est même un devoir/“sacerdoce” (autrement dit, tu dois en passer par là).

          Je suis aussi autodidacte en informatique, et l’expérience m’a appris que la commande info est loin d’être disponible sur toutes distributions Linux, *BSD. Et surtout n’est pas installé par défaut , c’est du moins le cas dans Debian.

          man lui est disponible sur tout système Unix, Linux. C’est un référentiel universel intrinsèque aux OS Unix et dérivés. Besoin d’informations sur une commande, man te la restituera, segmentée selon la “norme”. man est plus “abrupt”, plus “rêche”, ce n’est pas son domaine, ni son objectif ; il répond au besoin primaire de restituer une information “brute”, sans aucune fioriture, ni outil interne, qui n’en reste pas moins structurée.

          Personnellement, je ne vois pas en quoi info est plus pédagogique que man. En quoi c’est pédagogique d’avoir une présentation à la markdown et des outils internes pour mieux l’utiliser. (ne te méprends pas, je “kiffe” MD) La pédagogie n’est en rien dans l’outil, elle l’est dans la manière de fournir l’appréhension de l’outil, dans la transmission du savoir.

          La pédagogie aidera ou son contraire à l’usage de l’un ou de l’autre, dans la manière de transmettre les apprentissages et les usages. L’outil n’est qu’un moyen et doit le rester.

          info est moins abrupt dans son usage, tant mieux, mais pédagogique, j’en doute.

          Tu as besoin, et certainement bien d’autres utilisateurs, des “merveilles” fournies par info, soit… ça n’en fait pas un meilleur outil. C’est un outil adapté à des utilisateurs, des usages, ni plus ni moins.

          Pour finir, je mentionnerai — ce que je n’ai pas fait dans mon article ­— que les man sont consultables bien souvent au format HTML, et depuis certains sites de référence :

          Il est assez aisé de trouver une information, de la consulter, de pointer vers un chapitre, une option… bref, là, encore un outil. La pédagogie étant la “science” de transmettre ces usages, d’éduquer à un outil, transmettre une information/connaissance.


          PS : qu’il déplaise à l’homme que tu cites que man soit le point de départ de sujets et questions techniques, grand bien lui fasse, ça n’empêche malgré son avis, que ça l’est et le restera, c’est vraiment le point d’entrée dans plus d’une communauté informatique sérieusement. Le citer soit, mais saches que c’est un biais cognitif d’autorité de l’accepter juste parce que de son avis d’autorité, il a forcément raison sur la question ; et non, je n’ai pas la prétention d’avoir raison, loin s’en faut.

          1. 1

            Merci pour le lien vers mon article sur HTTP !

            1. 1

              Le grief que l’on peut porter sur man c’est qu’il est difficile d’extraire l’information, sans bagage technique, pour en retirer quelque chose d’utile. Il me semble que c’est assez malvenu qu’on le présente régulièrement comme comme un canon de référence.

              Voici un passage extrait d’un livre à propos des pages man. Je suis entièrement d’accord avec l’auteur.

              Unix & Linux : utilisation et administration de Jean-Michel Léry

              8.2.5 La documentation sur les shells

              […]

              Attention

              La documentation fournie par les manuels est à la fois imposante et condensée. Il est difficile de s’y retrouver sans avoir déjà une bonne maîtrise de l’environnement, voire parfois quelques connaissances en programmation. Plutôt que comme un point de départ, mieux vaut l’utiliser comme un complément d’apprentissage qui permet d’aller encore plus loin.

              J’ai appris en autodidacte à utiliser GNU/Linux. Je trouve que les manuels info sont plus accessibles car leur but est de transmettre un savoir (même s’ils font également recours à des prérequis) et non pas uniquement des informations. Un effort est mené sur la pédagogie, c’est un vrai axe.

              1. 1

                Merci à “Thomas” de partager quelque chose qui me parle complètement, avec tous les sujets qui sont dans ma tête et de la façon dont je le ressens aussi.

                Ce changement est présent, ressenti, il existe. Et c’est bien de partager ses idées et solutions sur le sujet.

                Bravo et merci encore :-)

                1. 1

                  Merci pour le lien vers mon article (“Comment HTTP est devenu le protocole à tout faire”) !

                  1. 1

                    Ça devrait être la norme de généraliser ce genre d’initiative. En plus il y aurait moyen de mettre en commun tous ces efforts jusqu’au moins l’échelle européenne.

                    1. 1

                      “Si la gendarmerie n’a plus de serveur Windows, « on a encore 1 054 stations Windows, des postes sur des niches compliquées, pour piloter des applications spécifiques ne fonctionnant que sur Windows ». Elle est aussi en train de sortir d’Oracle, et de basculer sur PostgreSQL.

                      Il estime par ailleurs « à un peu plus de 1/2 milliards de non-dépense, 534 millions d’économies pour être plus précis », les économies générées par le logiciel libre depuis 2004, tant sur les postes de travail que les smartphones Néo, qui utilisent un OS maison fait par l’OSIIC, « où on ne peut installer que des applications dont on dispose du code source, qu’on a audité, et qui ne peut pas être inflitré par Pegasus par exemple ».

                      Aujourd’hui, l’ANFSI regroupe 530 effectifs en central, plus 100 développeurs et 200 personnels en charge de l’exploitation des 5 000 serveurs de ses deux data centers. Le général précise qu’elle « s’implique beaucoup dans les communautés open source : il faut non seulement que la communauté nous aide, mais aussi qu’on puisse reverser à la communauté ce que nous développons, pour que ce soit gagnant-gagnant ».”

                      Tcho !

                      1. 1

                        Billet publié ce jour sur mon blog qui peut peut-être intéresser la communauté

                          1. 1

                            Bjr.

                            Merci pour le partage.

                            ça me semble être une bonne évolution du language, ça !

                            1. 1

                              Ah je n’avais pas vu l’histoire du siège social, merci pour cette information et Désolé pour la publicité involontaire…

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                                Hello ! Je comprends pas du tout le tableau de comparaison. La ligne “développement actif” est fausse (en tous cas, restic et borgbackup sont en développement actif encore aujourd’hui). Et je n’ai pas compris la ligne “Agent requis sur le client” non plus (je n’ai pas lu le reste du tableau en détail tant il paraissait bullshit généré par IA).

                                Concernant Restic, je ne dis pas que le développement n’est plus actif, mais que la dernière version est sortie en 2025 (0.18.1 le 21 septembre 2025 d’après GitHub).

                                Pour BorgBackup, je viens de corriger.

                                La ligne « Agent requis sur le client » n’est en effet pas claire. Elle n’a de sens que pour le mode « pull ». En mode « push », la notion de client a moins de sens, puisque le « client » est la machine sur laquelle est installé l’outil.

                                Tes retours m’ont fait relire le tableau pour essayer de le simplifier.

                                J’avoue que ce tableau est le dernier point que j’ai voulu ajouter après avoir rédigé l’article. Je souhaitais intégrer une comparaison avec les autres outils pour nuancer mon propos, ne pas présenter ma solution comme parfaite et essayer de proposer un comparatif « objectif ». Je me suis effectivement aidé d’un LLM pour générer le tableau ; je l’avais relu, mais visiblement pas assez. Cela m’a tout de même permis de découvrir le petit nouveau, Kopia, que je ne connaissais pas.

                                Merci de ton retour, j’espère que les ajustements faits permettront une meilleure lecture.

                                1. 1

                                  Hello ! Je comprends pas du tout le tableau de comparaison. La ligne “développement actif” est fausse (en tous cas, restic et borgbackup sont en développement actif encore aujourd’hui). Et je n’ai pas compris la ligne “Agent requis sur le client” non plus (je n’ai pas lu le reste du tableau en détail tant il paraissait bullshit généré par IA).

                                  1. 2

                                    Merci, je vais corriger :D

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                                      Salut. Article intéressant ;)

                                      Coquille typo : innofensif -> inoffensif

                                      1. 3

                                        « Mais Brave et Unstoppable Domains travaillent sur une demande d’accréditation officielle auprès de l’ICANN en 2026 pour faire de .brave un vrai gTLD (domaine de premier niveau classique). » Même si ça se faisait (le dépôt des candidatures commence drmain), avoir un TLD ICANN impose de suivre les règles ICANN, notamment en matière de gestion de litiges ce qui veut dire que les procédures de justice privée de l’ICANN s’appliqueront ce qui rend la promesse « un nom de domaine à vie » mensongère (comme souvent quand il y a les mots blockchain et NFT).

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                                          j’adore ce soft, mais il explose de manière très régulière en plein montage.. peut importe la version