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    Je ne suis pas vraiment d’accord avec l’article. La nécessité de réduire la pollution c’est important, mais je trouve le lien entre pollution, consommation électrique, Internet, courrier électronique et Thunderbird un peu confus. Je vais essayer d’argumenter mon point de vue.

    Un e-mail de 1 Mo contient ainsi l’équivalent du poids d’une pièce de 1 euro en métaux.

    Enfin, envoyer un courrier électronique nécessite de l’énergie. Toujours pour un e-mail de 1 Mo à une personne, c’est l’équivalent de 25 Wh de consommation directe.

    Ces deux affirmations viennent de cette étude de l’Ademe faite en 2011, ils décrivent brièvement leur méthode de calcul, mais en gros ils prennent en compte tous les coûts, de la fabrication des ordinateurs clients et serveurs jusqu’à leur consommation, ainsi que le recyclage des dits équipements. Je ne pense pas qu’on puisse prendre ça au premier degré sachant que l’utilisation d’un ordinateur n’use pas du métal, il s’agit en fait du métal qui a été nécessaire pour la production des équipements, réduire son usage de courriel, est-ce que ça va vraiment agir sur le renouvellement de datacenters chez Google ? J’ai du mal à y croire. En ce qui concerne les 25 Wh là encore c’est un coût global qui est probablement mutualisé par les nombreuses tâches qu’effectuent les ordinateurs (clients et serveurs) aujourd’hui. Une étude un peu plus récente et exhaustive serait intéressante.

    Seulement le numérique est par définition dépendant de productions matérielles, de réseaux électriques, d’espaces de stockage, de serveurs etc. Ainsi, il représente aujourd’hui près de 4% des émissions mondiales en gaz à effet de serre (GES). Les serveurs, dont les e-mails dépendent en partie, consomment, à eux seuls, 4% de l’électricité mondiale.

    Donc le courriel c’est une partie des serveurs qui constituent 4% de l’électricité mondiale. Ensuite on fait le rapport entre gaz et consommation électrique. C’est une question importante et intéressante sachant que beaucoup de serveurs Google et Amazon sont aux États-Unis, pays gros consommateur de pétrole et gaz. La source de cette phrase est cet article du site de Jean-Marc Jancovici, polytechnicien, préoccupé par le réchauffement du climat et défenseur de l’usage du nucléaire à cette fin. La fin de son article pointe sur un graphique qui montre l’usage de plus en plus massif du gaz et du charbon. C’est pas en triant 3 mails qu’on va changer les choses à ce niveau-là. Au pire on peut se mettre sur des serveurs français ou chez des hébergeurs comme Infomaniak qui utilisent de l’énergie renouvelable pour les serveurs. C’est ce que je fais pour mon mail et ça roule bien.

    Une bonne partie de l’article s’oriente finalement sur la pollution de la fabrication des appareils et leur consommation, c’est là que le sujet devient intéressant. Mais le courrier électronique n’est qu’un vieux service d’Internet et n’est finalement pas le réel sujet.

    Les conseils donnés d’acheter un ordinateur d’occasion ou de le garder plus longtemps sont des bons conseils. J’ajouterais même qu’il vaut mieux mettre le prix dans un bon ordinateur de qualité que dans du premier prix fragile, et pas que pour les ordinateurs finalement. Acheter par nécessité, pas par impulsion, et prendre le temps de comparer, lire des tests et faire un bon choix.

    Diminuer au maximum le nombre de destinataires des e-mails. Eviter l’utilisation du bouton « répondre à tous » si ce n’est pas utile.

    Alors ça à l’inverse c’est un conseil absolument anecdotique qui n’aura pas d’impact significatif dans la vie réelle. C’est encore plus qu’une économie de bout de chandelle à ce niveau.

    Privilégier des plateformes partagées pour l’échange de documents collaboratifs. Ces supports permettent alors d’éviter le recours aux pièces jointes.

    J’ai pas eu le courage de fouiller dans les 88 pages de la source, mais ça me semble impossible. Que les documents soient partagés par pièce jointe puis ouverts par Word localement où qu’ils soient stockés sur l’hébergeur et ouverts par un traitement de texte en ligne (par exemple Google Docs dans un navigateur) ça ne change rien. D’ailleurs Word consomme probablement plus en consommation CPU.

    Si la pièce jointe est longue à lire, privilégiez l’impression du document. Au-delà de 3 minutes de lecture à l’écran par page, il est alors préférable d’imprimer le document en noir et blanc, recto-verso avec 2 pages par feuille.

    Je ne suis pas allé trop loin dans la lecture de la source, mais la méthode de calcul semble être la même que celle de l’Ademe. Pour l’impression, ont-ils pris en compte la consommation de l’imprimante, l’abattage des arbres, l’encre et tout le toutim ? Je ne suis pas sûr, parce que cette affirmation semble totalement contre-intuitive. Si c’est le cas ça veut probablement dire que la consommation des courriels est totalement sur-évaluée. En fait je n’arrive pas à prendre au sérieux l’étude de l’Ademe, j’ai l’impression qu’ils pensent que les serveurs reçoivent/envoient un seul mail à la fois. J’aimerais bien avoir des explications plus précises et plus techniques.

    Enfin je ne comprends pas le rapport avec Thunderbird. Il est tout à faire possible de faire la même chose avec le client mail de Windows, avec celui de Mac OS ou même le webmail GMail j’imagine ? En vrai je pensais que ça allait parler du zero inbox (technique consistant à tout classer et vider son dossier entrant de boite mail comme on le ferait sur sa vraie boite aux lettres).

    Ça revient souvent la question de la consommation des courriels et je ne comprends pas pourquoi on se focalise sur ce service particulièrement. La question de la consommation et pollution des TI, ordinateurs, serveurs, infra c’est un sujet important mais ça dépasse vraiment les courriels. On pourrait tout autant se demander combien ça pollue d’envoyer des textos, des messages Facebook ou la télévision IP versus la bonne vieille antenne râteau.

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      (wow sacré commentaire !)

      Le rapport de l’ADEME concernant la consommation des mails est complètement à côté de la plaque et malheureusement est utilisé constamment. Il mériterait d’être refait et réévalué surtout que depuis le temps les technologies ont évoluéesk

      La blague d’imprimmer un mail pour être plus écolo au lieu de le lire sur un écran est quand même la meilleure.

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        Excellent commentaire !

        J’ajouterais qu’étant moi même hébergeur de multiple solutions, je peux garantir que le mail est une part infime de la consommation en bande passante des foyers (serveur familial). Le mail, et le trafic web classique sont ridiculement petits face à la consommation de vidéo et de musique. Dans mon foyer avec les serveurs pour toute la famille élargie qui tournent (mail, site web et cloud) Youtube, Peertube et Netflix représente à eux seul autours de 90% du trafic. Pourtant on est pas de de gros consommateur de vidéo. Si tu ajoutes que pour beaucoup aujourd’hui le trafic télévision (en HD) passe aussi par la box magique, je pense qu’aujourd’hui, au moins 95 % du trafic web français serait d’une manière ou d’une autre de la vidéo.

        Même en messagerie instantanée, le trafic texte et voix (qui est très compressé) est extrêmement faible face à un appel vidéo.

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        Bonjour et merci pour vos commentaires ! ça fait plaisir d’avoir des retours constructifs. N’étant pas l’auteur de cet article, vous pouvez commenter directement sur le blog pour que l’auteur vous réponde . Merci !