C'est vrai que la période de recherche de stage quand on est en fin de master, n'est pas la plus période la plus simple de notre vie quand on est étudiant.
On est souvent encore entrain d'en chier dans les partielles. On est en pleine dèche de thune et on sait que la fin de la galère approche. On a parfois encore des petits boulots qui traînent pour arrondir les fins de mois et qui sont archi pourris. (Perso, j'avais un contrat 10/15h à McDo et bonjour les compétences que j'ai appris…)
Et pis, paie ton incertitude de trouver du taf après. On commence à s'attacher socialement à notre copine qu'on se voit bien faire des projets avec mais on risque de devoir bouger pour trouver du taf… ça rend fou, c'est aliénant et épuisant psychologiquement. C'est une période où pas mal d'étudiants sont en réalité en dépression sans le savoir, sans la traiter, sans rien. On est un peu le roi Arthur dans Kaamelot Livre 5.
Il y a bien des stages dans des SSII mais c'est pas la folie non plus et bien souvent sur des technos un peu dégueulasse (oui, je parle de vous, J2EE, PHP-crade…)
Bref, ce n'est pas une situation simple…
Mais bon… une fois rentré dans le rang et avec un peu de recul, c'est dur de ne pas voir ça comme une certaine exploitation dans le sens où il me semble important de continuer à se battre pour ne pas que ce genre de situation ne dégénère encore plus mais qu'au contraire la situation évolue dans le bon sens.
… même si cela représente un progrès par rapport à la situation du stagiaire avant son stage…
Après, pour continuer sur les HS aujourd'hui… Ma femme qui est en 6ième année de médecine (externe), ses stages c'est pareil. Elle est en hôpital la moitié de la semaine, elle fait des gardes de 24h sans ronfler parfois le week-end et à la fin du mois, c'est en gros 100€ qui tombe et un concours qui décide de tout en fin d'année… Tout ça parce que “oui, nous avant on était même pas payé et nous aussi on avait l'ecn.”.
Merde les gars, votre loyer représentait un dixième de smic, la bouffe était moins chère et on avait moins d'exigence de performance que maintenant. Pour reprendre l'exemple des médecins, oui, ils faisait déjà des gardes, mais eux à leur époque il avait le temps de ronfler car il y avait assez de médecins, infirmières et aide soignantes dans les services… maintenant, les externes qui font des gardes c'est 24h de rush. À peine le temps de bouffer, pas le temps de roupiller encore moins de se laver… Et le lendemain / jour même la fac reprend…
C'est assez facile de faire un parallèle avec un stagiaire d'aujourd'hui qui n'est pas sûr d'avoir du taf après, qui s'il en a pourra être payé à coup de lance-pierre bien moins de 2000 boules par mois… somme qui aura du mal à payer son loyer, son quotidien, son crédit d'étude, ses aller-retour s'il a dû déménager…
J'ai bien peur que les gens ne se rendent pas compte des bombes en puissances qu'on crée en mettant des personnes dans ce genre d'état psychologique. D'ailleurs la réaction sur le sujet en est la preuve. On a une prose incisive qui est dans le vif, dans la chair. On est clairement avec des mecs qui s'exprime la boule au ventre.
je pense que la personne qui a écrit la réaction à chaud vis-à-vis de l'article du Monde a évidemment détesté d'entrer dans le rôle de la “victime”.
Mais pourtant c'est ce qu'elle est, à la fois de son employeur qui, bien qu'il ne se paie pas lui-même, aura une boîte qui roule grâce au travail de ses différents stagiaires à peine payés, et une victime d'un système qui chaque année met à la disposition des entreprises une main d’œuvre abondante et peu chère, servile par la nécessité pour elle de valider leur année par l'obtention du stage. Et j'ai fait 5 stages, donc je sais de quoi je parle.
Alors bien sûr nous pouvons considérer que ça n'est qu'un passage, mais dans la réalité les jeunes qui entrent sur le marché de l'emploi sont de plus en plus précaires avec un CDI qui tombe de plus en plus tardivement dans la vie profesionnelle. Et si récemment l'informatique était encore assez épargnée, ça pourrait ne pas toujours être le cas.
C'est vrai que la période de recherche de stage quand on est en fin de master, n'est pas la plus période la plus simple de notre vie quand on est étudiant.
On est souvent encore entrain d'en chier dans les partielles. On est en pleine dèche de thune et on sait que la fin de la galère approche. On a parfois encore des petits boulots qui traînent pour arrondir les fins de mois et qui sont archi pourris. (Perso, j'avais un contrat 10/15h à McDo et bonjour les compétences que j'ai appris…)
Et pis, paie ton incertitude de trouver du taf après. On commence à s'attacher socialement à notre copine qu'on se voit bien faire des projets avec mais on risque de devoir bouger pour trouver du taf… ça rend fou, c'est aliénant et épuisant psychologiquement. C'est une période où pas mal d'étudiants sont en réalité en dépression sans le savoir, sans la traiter, sans rien. On est un peu le roi Arthur dans Kaamelot Livre 5.
Il y a bien des stages dans des SSII mais c'est pas la folie non plus et bien souvent sur des technos un peu dégueulasse (oui, je parle de vous, J2EE, PHP-crade…)
Bref, ce n'est pas une situation simple…
Mais bon… une fois rentré dans le rang et avec un peu de recul, c'est dur de ne pas voir ça comme une certaine exploitation dans le sens où il me semble important de continuer à se battre pour ne pas que ce genre de situation ne dégénère encore plus mais qu'au contraire la situation évolue dans le bon sens.
… même si cela représente un progrès par rapport à la situation du stagiaire avant son stage…
Après, pour continuer sur les HS aujourd'hui… Ma femme qui est en 6ième année de médecine (externe), ses stages c'est pareil. Elle est en hôpital la moitié de la semaine, elle fait des gardes de 24h sans ronfler parfois le week-end et à la fin du mois, c'est en gros 100€ qui tombe et un concours qui décide de tout en fin d'année… Tout ça parce que “oui, nous avant on était même pas payé et nous aussi on avait l'ecn.”.
Merde les gars, votre loyer représentait un dixième de smic, la bouffe était moins chère et on avait moins d'exigence de performance que maintenant. Pour reprendre l'exemple des médecins, oui, ils faisait déjà des gardes, mais eux à leur époque il avait le temps de ronfler car il y avait assez de médecins, infirmières et aide soignantes dans les services… maintenant, les externes qui font des gardes c'est 24h de rush. À peine le temps de bouffer, pas le temps de roupiller encore moins de se laver… Et le lendemain / jour même la fac reprend…
C'est assez facile de faire un parallèle avec un stagiaire d'aujourd'hui qui n'est pas sûr d'avoir du taf après, qui s'il en a pourra être payé à coup de lance-pierre bien moins de 2000 boules par mois… somme qui aura du mal à payer son loyer, son quotidien, son crédit d'étude, ses aller-retour s'il a dû déménager…
J'ai bien peur que les gens ne se rendent pas compte des bombes en puissances qu'on crée en mettant des personnes dans ce genre d'état psychologique. D'ailleurs la réaction sur le sujet en est la preuve. On a une prose incisive qui est dans le vif, dans la chair. On est clairement avec des mecs qui s'exprime la boule au ventre.
Bref courages à eux deux. :D
je pense que la personne qui a écrit la réaction à chaud vis-à-vis de l'article du Monde a évidemment détesté d'entrer dans le rôle de la “victime”.
Mais pourtant c'est ce qu'elle est, à la fois de son employeur qui, bien qu'il ne se paie pas lui-même, aura une boîte qui roule grâce au travail de ses différents stagiaires à peine payés, et une victime d'un système qui chaque année met à la disposition des entreprises une main d’œuvre abondante et peu chère, servile par la nécessité pour elle de valider leur année par l'obtention du stage. Et j'ai fait 5 stages, donc je sais de quoi je parle.
Alors bien sûr nous pouvons considérer que ça n'est qu'un passage, mais dans la réalité les jeunes qui entrent sur le marché de l'emploi sont de plus en plus précaires avec un CDI qui tombe de plus en plus tardivement dans la vie profesionnelle. Et si récemment l'informatique était encore assez épargnée, ça pourrait ne pas toujours être le cas.